Un livre à ciel ouvert qui vous raconte mille ans d'histoire

On tourne les pages depuis les Romains jusqu'à Viollet-le-Duc, sauveur romantique d'un monument en ruine au XIXe siècle.

Les traces de la succession des d’étapes de construction sont encore visibles sur ses murs et s’étalent de l’Antiquité jusqu’à la fin du Moyen-Age. Les pierres du monument sont encore imprégnées par les espoirs et les douleurs de l’épopée cathare. Aujourd'hui, moins d'une centaine de personnes et les élèves de la Calandreta, l'école occitane de la Cité, vivent au rythme des saisons dans ce décor de cinéma. Mais le cœur du monument bat toujours aussi fort au gré des visites de « pélerins » venus du monde entier, de concerts du Festival de Carcassonne ou d'événements comme l'œuvre en cercles concentriques jaunes sur les remparts, créée en 2018, par l'artiste suisse Felice Varini.

L'histoire de la Cité avec un grand « H », c'est un peu comme un conte de fées avec ses princesses, ses chevaliers, ses duels, ses intrigues et un happy end.

Des Romains aux Francs

Les premières pierres de la Cité sont posées en 122 avant Jésus-Christ par les plus grands conquérants du monde d'alors, les Romains. Ils occupent le Languedoc jusqu’au Ve siècle avant que les Wisigoths ne les chassent.
La Cité changera de « propriétaires » à plusieurs reprises avec les Sarrasins en 725, puis les Francs à peine quatre ans plus tard…

La légende de Dame Carcas :  une princesse, un cochon et une victoire ...

Dame Carcas, femme d'un prince musulman de Carcassonne, selon la légende, aurait repoussé l’armée franque de Charlemagne grâce à de multiples stratagèmes. Elle aurait notamment fait tomber du haut des remparts un cochon entier nourri du dernier sac de blé pour montrer à ses ennemis que la Cité possédait encore de nombreux vivres pour tenir le siège.
Ce cochon aurait été l’élément décisif qui aurait décidé Charlemagne à lever le siège, ce dernier pensant que les habitants n’étaient pas prêts à céder. En réalité, c’était le dernier cochon et il ne restait plus rien à manger ! Dame Carcas décida alors de faire sonner les cloches pour fêter la victoire, d’où le nom « Carcas Sonne ».
Ingénieux non ?

 Troubadours, Cathares et Croisade

La Cité devient une véritable place forte entre le XIe et le XIIIe siècle avec la construction du château comtal les Trencavel, Vicomtes de Carcassonne. C’est le temps des troubadours et de l’amour courtois.

En 1209 une croisade prêchée par le pape Innocent III débute contre les cathares, protégés par le Vicomte Raymond Roger Trencavel. Carcassonne subit quinze jours de siège, Trencavel meurt empoisonné dans la prison de son château à seulement 24 ans. La Cité reviennent alors au baron du nord,  Simon de Montfort meneur de la croisade puis au Roi de France, Louis VIII.
Elle devient alors une véritable forteresse notamment durant le règne de Philippe le Bel

Décadence et Renaissance

Avec l’arrivée de nouvelles techniques de guerre et la paix des Pyrénées en 1659,  la Cité perd son rôle défensif et devient un quartier pauvre. Des maisons sont même construites contre les remparts avec les pierres du monument. Beaucoup de Carcassonnais, lui préfèrent alors la ville basse…

La Cité a failli tout simplement disparaître. On doit sa sauvegarde à deux hommes dont Jean-Pierre Cros-Mayrevieille, avocat, historien et politicien local qui fit annuler un décret de déclassement qui autorisait la destruction des enceintes de la cité.
En 1853, la restauration, parfois controversée de la cité, débute sous la direction du deuxième homme clef, l'architecte Eugène Viollet-le-Duc puis de son élève Paul Boeswillwald .

Aujourd’hui,

la Cité Médiévale, avec ses trois kilomètres de remparts, ses deux enceintes et ses 52 tours et barbacanes, est la plus grande et la mieux conservée des forteresses médiévales d’Europe. Elle est le 5e monument le plus visité de France .

Comme disait Brassens en chanson

 "Mon Dieu ! que je mourrais content après avoir vu Carcassonne !"